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Apollinaire Diatta, un policier à la retraite, membre du comité des supporters +Allez Casa+, a promis et juré de supporter le club fanion de Ziguinchor (Sud) jusqu’à son dernier souffle avec le même enthousiasme, malgré ses 70 ans révolus.

+Appo+, comme l’appellent les habitués du stade Aline Sitoé Diatta a indiqué dans un entretien avec l’APS qu’il a commencé à supporter le Casa ans les années 70.

Le Casa Sports de Ziguinchor entame dimanche à Dakar l’opération de sauvetage de sa saison de football, en tentant de décrocher sa deuxième Coupe de la Ligue, face à l’Union sportive de Gorée.

L’homme ne passe pas inaperçu dans les tribunes du stade Aline Sitoé, arborant fièrement son tee-shirt vert, symbole de son appartenance au comité des supporters Allez-Casa. Il vit passionnément les matchs de son club favori.

Le vieux supporter ne vit que pour le Casa qu’il compare au géant espagnol le FC Barcelone. D’ailleurs il ne supporte guère les critiques contre son club, ce qui l’irrite profondément.

‘’Le Casa Sports n’appartient pas qu’aux Ziguinchoirois. Au Sénégal, il n’ y a pas un club pareil. Ceux qui soutiennent le contraire, ne disent pas la vérité. Le Casa Sports, c’est comme Barcelone’’ dit il avec un brin de fierté.

Il en veut pour preuve:  »Les joueurs du Casa ne courent pas n’importe comment sur l’aire de jeu’’. ‘’Ils calculent pour savoir là où le ballon peut les trouver. Ils ne courent pas n’importe comment’’, souligne t-il, une façon de chanter le jeu des footballeurs du Casa-Sport.

Cette passion pour son club le transporte sur une autre planète où il ne pourrait y avoir une moindre place pour les autres.

‘’Le Casa Sports n’est une équipe qui pratique un football de rue. Contre l’Us Gorée, ce n’est que l’arbitre qui pourrait nous poser problème. Nous allons gagner le match dés la première mi-temps’’ pronostique le supporter septuagénaire.

Avec la chorale des supporters du Casa Sports, il donne de la voix, en entonnant le riche répertoire du folklore de la culture casamançaise, notamment le fameux tube +Bocandé Essamaye+ (Bocandé, la panthère), pour chanter les hauts faits et gestes de l’ancien international sénégalais décédé en mai 2012 à Metz (France), des suites d’une maladie.

Sa voix nasillarde combinée à son bégaiement ne constitue point un handicap qui pourrait le freiner dans son désir de crier haut et fort.

Appo ne fait pas que chanter. Le policier à la retraite qui a servi à Kaolack et au Camp pénal de Dakar, très en verve, ne se prive en aucun moment des rencontres du Casa sports à Ziguinchor, de vivre son ‘’amour fou’’ pour le club de sa ville.

Il danse aussi au son du rythme endiablé des +Diembés+, malgré ses 70 ans révolus, en faisant des va-et-vient dans la tribune découverte du stade Aline Sitoé Diatta.

Avec son +vuvuzela+ (long cor utilisé par les supporters sud-africains dans les stades lors de la coupe du monde football en 2010, pour soutenir leur équipe) dans lequel de temps en temps, il galvanise le public.

Et comme si cela ne suffisait pas, il secoue fortement un instrument de musique diola (etalang) avec sa main pour l’accompagner du bourdonnement du +vuvuzela+.

Refusant de commenter les rendez-vous historiques du Casa Sports, il soutient que la finale malheureuse de 1979 jouée contre le Jaaraf de Dakar, est derrière lui. Ce match a été aussi marqué par la suspension de certains joueurs, dont feu Jules François Bocandé, de toutes les compétions sportives du Sénégal.

Apollinaire Diatta maitrise à merveille le passé et le présent du Casa Sports et des joueurs qui ont eu à porter le maillot vert. Il revendique d’ailleurs le titre de supporter numéro un et de ‘’biographe attitré’’ de Jules François Bocandé.

‘’Au Sénégal, je suis le seul à connaître la biographie de Jules François Bocandé. Celui qui prétend connaitre mieux Bocandé que mois, raconte des contre-vérités. Je suis le seul à connaitre la biographie de Bocandé jusqu’à sa mort’’, soutient-il.

‘’Je suis le seul à connaitre la vie de Bocandé. Quand il se lève, je sais où il va. Même quand je ne pars pas avec lui, je sais là où il est. J’entends parfois des gens dire qu’ils connaissent la biographie de Bocandé. Ce sont des farceurs. Ils ne connaissent même pas la vie de Bocandé’’, insiste t-il.

Et pour Appo , ‘’la génération des Bocandé est plus forte que celle d’aujourd’hui’’.

Entre lui et le Casa Sports, c’est une histoire d’amour qui ne finit jamais, parce qu’il a juré et promis de continuer à supporter le club de Ziguinchor jusqu’à son dernier souffle. Un sorte de serment de fidélité.

APS