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A 23 ans, Pape Souaré va vivre sa première saison dans la peau d’un titulaire au LOSC. Le latéral gauche formé à Diambars, aura la lourde tâche de succéder à Lucas Digne, transféré cet été au PSG. 

Après Idrissa Gueye, un deuxième joueur formé à l’institut Diambars, basée à Saly au Sénégal, est en train de faire son trou au LOSC Lille, club du Nord de la France. Pape Souaré entame en effet 2013-2014 dans la peau d’un titulaire, après deux années de rodage chez les pros au LOSC, puis un prêt à Reims la saison passée. Son prédécesseur au poste d’arrière gauche, le prometteur Lucas Digne, a été transféré au Paris Saint-Germain. Mais Souaré ne se met pas de pression par rapport aux prestations de Digne. « Je ne pense pas que ce soit une sorte de succession, affirmele Sénégalais de 23 ans. Plusieurs autres joueurs peuvent jouer à gauche. Moi, je suis là et je ne me pose pas de question. Je travaille comme il faut ».

Un prêt utile à Reims

Pape Souaré est revenu plus mûr après son expérience à Reims, même s’il a parfois encore du mal à canaliser son énergie sur le terrain. « Ça m’a permis d’avoir beaucoup de temps de jeu, d’enchainer les matches et de découvrir un peu plus la Ligue 1, explique-t-il. Je n’ai pas eu cette chance pendant quatre années au LOSC. J’ai plus joué à Reims que pendant quatre saisons au LOSC ».

Pape Souaré se sent désormais à son aise à Lille où il est bien entouré par les autres joueurs africains, notamment le milieu de terrain sénégalais Gueye. « Idrissa est un frère pour moi, souligne-t-il. On est de la même famille d’une certaine façon. Il y a aussi Salomon Kalou avec qui je m’entends bien. Je m’entends bien avec tout le monde en fait mais je suis plus proche de Salomon, d’Idrissa et de Soualiho Meïte ».

Heureux pour Diambars

C’est aussi avec eux que Pape Souaré a partagé sa joie quand Diambars, son centre de formation, a été sacré champion du Sénégal de première division pour la toute première fois, le 18 août 2013. « Ça m’a fait énormément plaisir, lance Pape Souaré. Dès que j’ai reçu un message du coach (de Diambars), j’ai relayé l’info sur les réseaux sociaux. Je voulais faire comprendre aux jeunes de ‘Diambars’ qu’on les suit de loin et qu’on est très fiers de ce trophée ».

Pape Souaré n’a rien oublié des années passées à l’Institut, à Saly. Après des tests, il avait été retenu pour faire partie de la première promotion de Diambars, en 2003, comme Idrissa Gueye. Souaré avait alors dû quitter sa famille mais il n’a aucun regret : « Quand tu es un jeune joueur, tu penses uniquement au ballon ! J’étais vraiment impatient d’aller à Diambars. Mon père, lui, voulait que je continue à aller à l’école. Heureusement, on lui a expliqué que c’était un bon projet, avec une école à la hauteur. »

Pendant plus de cinq ans, Pape Souaré vit au rythme du football et des études sous le parrainage de Jimmy Adjovi-Boco, de Bernard Lama, de Saer Seck et de Patrick Vieira, les fondateurs de l’association. « J’étais très content de les rencontrer, dit aujourd’hui le latéral gauche. Et je n’oublierai jamais Diambars. Je ne cesserai jamais de les remercier ».

La Coupe du monde 2014 en tête

Pape Souaré a fait pas mal de chemin depuis. Suffisamment en tout cas pour creuser son trou en équipe nationale A du Sénégal, durant les éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Le natif de Mboa rêve désormais de disputer la phase finale du Mondial 2014 avec les Lions de la Téranga. « J’y pense évidemment, mais il reste des étapes à franchir, tempère-t-il. Il faut sortir de notre poule, puis il y aura des matches de barrage. Il faut prendre les choses les unes après les autres ».

Il reste notamment un match à négocier face à l’Ouganda le 7 septembre à Marrakech, mais Pape Souaré a l’habitude des matches à enjeux. Il avait contribué au bon parcours des Lionceaux aux Jeux olympiques 2012. De cette expérience aux JO 2012, il conserve d’excellents souvenirs : « Ce que je garde en mémoire, c’est la manière dont les gens pouvaient être heureux et faire preuve de simplicité. Au village olympique, tu croisais tout le monde. Tu marchais pour aller manger et tu rencontrais des Usain Bolt, des personnalités du sport. C’était un grand plaisir de les rencontrer, de les saluer et de faire des photos avec eux. » Pape Souaré avait débarqué à Londres en quasi-inconnu. Puis il était reparti avec le titre de meilleur passeur du tournoi, à égalité avec le Brésilien Neymar. De quoi asseoir sa réputation.

©RFI