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Le projet de modification des textes relatifs à l’accès à la présidence de la Confédération africaine de football qui doit se réunir en congrès extraordinaire, en septembre, suscite une vague de protestation dans les milieux du football africain.

L’ancien et l’actuel président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) estiment que ce serait un  »véritable recul » si le projet de texte, prévu par la Fédération algérienne de football (FAF), obligeant un candidat à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF)  »a avoir été ou est membre » de son comité exécutif venait à passer. «Cette modification ne doit pas être avalisée par les autres présidents de Fédération», a relevé Me Augustin Senghor, président de la FSF, dans un entretien paru dans le quotidien Le Soleil le vendredi 17 août. Son prédécesseur à la présidence de la FSF, Omar Seck, interrogé par l’APS, est du même avis. Il estime que c’est comme  »si on disait que pour être président de la République du Sénégal, il fallait être ministre ».

Comme Me Augustin Senghor, Omar Seck voit mal ses pairs africains accepter de s’exclure de la présidence de l’instance dirigeante du football africain. «C’est anormal de réduire le collège électoral à un nombre limité de personnes», ont souligné les deux dirigeants du football sénégalais. Dans la même veine, le Camerounais Joseph Antoine Bell a dénoncé le caractère partisan de cette proposition. Selon lui, exiger que les candidats à la présidence de la CAF soient membres du comité exécutif ou aient été membres,  »c’est nier l’intelligence des présidents de Fédération ». « C’est ne leur accorder aucune autonomie de réflexion, c’est à la limite leur dire qu’ils ne savent pas ce qui est bien pour eux, c’est les infantiliser », a critiqué Joseph Antoine Bell dans la dernière parution de l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique.

L’ancien gardien de but des Lions indomptables accuse Hayatou et ses lieutenants de vouloir » transformer la CAF en un bunker ». «Ils sont convaincus que les Africains ne veulent plus d’eux à la tête de leur football, alors ils se barricadent avec des textes pour se maintenir au contrôle du football africain. Leur objectif est d’éloigner de la CAF toutes les intelligences africaines », a précisé Joseph Antoine Bell. Il a fustigé l’attitude de son compatriote Hayatou qui, depuis 25 ans qu’il est à la tête du football africain, « n’a jamais songé à changer » les conditions d’éligibilité à la présidence de la CAF. « Il a pris conscience de ce qu’il ne fait plus l’unanimité, il sait qu’il est vers la sortie, mais il y a autour de lui des gens qui se battent pour préserver leurs intérêts à travers son maintien à la présidence de la CAF. Voilà tout le problème. Je ne vois pas quel président de Fédération lucide peut voter une telle loi », a ajouté le consultant de RFI. Président de la Confédération africaine de football depuis 1987, Issa Hayatou est candidat à sa propre succession. Face à lui, se dressent l’ancien président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Jacques Anouma et le Sénégalais Me Augustin Senghor.

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