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Le professionnalisme au Sénégal pose beaucoup de problèmes. C’est l’avis d’Abdoulaye Diaw, entraîneur de l’Assur. « A l’origine, les cahiers des charges étaient très clairs au niveau fédéral et de la Ligue pro. Les clubs se sont engagés à entrer dans le professionnalisme mais après la première année déjà, les problèmes ont commencé à se poser entre joueurs et club, entre entraîneurs et clubs si bien qu’on s’est retrouvé dans une situation bancale », explique le technicien. Selon lui, « si l’on a essayé d’imiter le professionnalisme qui existe ailleurs, on a fait une mauvaise copie ». Cependant, Abdoulaye Diaw a soutenu que l’Assur peut se donner les moyens de devenir un vrai club professionnel par rapport à certains clubs de l’élite. « Nous avons une certaine avance par rapport aux autres clubs. Le club assure mensuellement  le salaire des joueurs et de l’encadrement. C’est là un pas vers le professionnalisme si ce n’est pas carrément le professionnalisme », soutient-il. L’équipe de Richard-Toll assure, selon lui, le traitement des joueurs, blessés ou malades, leur transport dans des conditions acceptables, leur hébergement et leur restauration.
A son avis, un seul aspect pose problème : le terrain. « C’est le terrain qui nous sert pour les entraînements mais aussi pour les compétitions. Et il n’est pas dans les normes. Des fois, nous sommes obligés de squatter un terrain un peu plus sablonneux pour éviter aux joueurs des problèmes musculaires », d’après le technicien qui déplore également le calendrier qui, d’après lui, ne favorise pas son club. « Les matches sont organisés de façon très désordonnée. Des fois, il nous arrive de jouer trois matches en dix jours. Nous sommes avec le Casa et la Linguère les seules équipes à parcourir des distances longues », annonce-t-il. « La ligue pro devrait réfléchir à cette question. Des fois, nous sommes obligés de rester à Dakar pendant plus d’une semaine pour pouvoir disputer deux matches. Selon lui, les onze clubs de Dakar ne font pas le tiers du trajet qu’effectue l’Assur dans la phase aller comme retour parce qu’ils jouent souvent entre eux à Dakar. « Tous ces trajets entraînent un manque de récupération, de régénération », révèle-t-il.
Par ailleurs, Abdoulaye Diaw estime qu’il y a beaucoup de choses à revoir. Surtout dans le cadre de la formation des joueurs qui présentent des lacunes criantes mais aussi des entraîneurs. « Dans le passé, les clubs traditionnels entretenaient, bon an mal an, des équipes réserves, juniors, cadettes, minimes et des écoles de football. Aujourd’hui, on a vu émerger des équipes qui ne s’occupent que de l’élite, le reste n’est pas pris en compte », a-t-il dit. Il déplore l’émergence de centres de formation qu’il assimile à des agences de commerce, « qui forment des joueurs pour ensuite les vendre ». Selon lui, cela « affaiblit et même tue le professionnalisme ». Le problème de l’âge des joueurs doit aussi être résolu.
Plusieurs facteurs, selon le technicien de l’Assur, devraient pouvoir favoriser la réussite de la professionnalisation. Il s’agit de l’obtention par les clubs de leurs propres infrastructures, l’organisation de la compétition chez les petites catégories, la formation des cadres. « Le football professionnel doit fédérer ses sponsors et la Ligue pro doit avoir des sponsors permanents et ne pas s’arrêter à la couleur locale. Car ce ne sont pas avec les recettes ou les subventions d’une unité commerciale qui peuvent soutenir un club professionnel », soutient-il.

 

Lesoleil