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Des supporters qui profitent de leur grand nombre pour faire des animations au stade, on aimerait bien en voir chez nous. Car, le football, c’est aussi du spectacle sur les gradins.
Mais avec les gros enjeux (présents partout, par ailleurs), la plupart des fidèles « suiveurs » de nos équipes de L1 s’illustrent davantage par leur manière, parfois violente (verbalement ou physiquement), de manifester leur mécontentement. Et presque personne n’y échappe. De leurs propres joueurs à l’arbitre en passant par l’entraîneur (le parfait bouc émissaire), tous sont ciblés les soirs de défaite. Cependant, les plus exemplaires en termes de sportivité et de visibilité sont, sans conteste, ceux du Casa Sports. Ils sont d’ailleurs les seuls à se faire distinguer avec leurs tee-shirts aux couleurs de leur équipe (vert), chantant et dansant durant toute la partie. Que leur équipe gagne ou perde, ils ont toujours su garder leur enthousiasme, sans débordement aucun. D’autres par contre, face aux échecs répétés de leur équipe, préfèrent tout simplement bouder. Au stade Demba Diop, par exemple, quand ça marche le public colle, quand ça ne marche pas le public boude. Cette observation faite par le chargé de la commission sportive et d’organisation de la ligue de football de Dakar, Malick Thiam, est bien partagée par tous ceux qui fréquentent ce stade lors des journées de championnat. Malgré la survenue du professionnalisme depuis bientôt cinq ans, le public des grands jours se fait toujours désirer et semble porter son choix sur les derbies ou autres grands chocs.  Et pourtant les billets ne coûtent pas les yeux de la tête, puisqu’ils varient entre 500 FCfa et 2000 FCfa. N’empêche, la plupart des spectateurs viennent parce que c’est leur équipe qui joue, de rares autres se déplacent pour voir le beau football. Et comme le spectacle n’est pas toujours au rendez-vous, les travées sont souvent plus vides qu’occupées. Selon les statistiques recueillies auprès de la ligue de football de Dakar, des équipes comme Niary Tally, Ouakam ou l’As Pikine, avec leurs armadas de « chauds » supporters, attiraient, au tout début, beaucoup de monde et le chiffre du jour atteignait les 2 à 3 millions de FCfa de recettes aux guichets. La tendance est maintenant à la baisse, du fait des  contreperformances enregistrées depuis quelques matches par ces équipes, puisque leurs supporters se comptent maintenant dans les tribunes.
Par contre, des équipes comme le Casa Sports, le Diaraf, l’Olympique de Ngor ou encore Diambars surtout continuent à attirer par leur football chatoyant et offrent du spectacle. Alors, rien de surprenant que ce soient les rares qui font se bousculer les spectateurs. Et encore ! Parce qu’on est bien loin des affluences massives de spectateurs d’antan. Si bien que pour l’essentiel, les rencontres se jouent devant des gradins vides aux ¾. Ce qui n’aide pas les joueurs à se surpasser. Et comme les spectateurs veulent en avoir pour leur argent, c’est la quadrature du cercle.