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Saer Seck

Fervent militant de la lutte contre la fraude sur l’âge, le directeur de l’équipe de Diambars (Ligue 1), par ailleurs président de la Ligue professionnelle de football, Saër Seck, souhaite que les sanctions soient étendues aux équipes. Et pourquoi pas aux sélections A. Il en appelle aussi à l’implication des dirigeants du football.

Le directeur de l’équipe de Diam­­bars (Ligue 1), Saër Seck, propose à la Confédération africaine de football (Caf) d’étendre les sanctions aux Equipes nationales lorsqu’une fraude sur l’âge est constatée durant les compétitions des jeunes. «Je trouve qu’on n’est pas suffisamment sévère. Quand une équipe fait une fraude, on ne peut pas la sanctionner seulement en faisant partir les joueurs. Je pense qu’il faut exclure les équipes, voire même sanctionner l’équipe A», préconise Saër Seck, joint par téléphone, en début d’après-midi d’hier. Et le dirigeant sénégalais d’ajouter : «Si on se met à sanctionner les équipes et à exclure l’équipe A parce qu’on fraude chez les jeunes, à ce moment-là, les dirigeants vont commencer à réfléchir, à y regarder de plus près avant d’envoyer des équipes de séniors dans des compétitions de cadets.» Saluant la démarche des responsables de la Caf, le patron de Diambars trouve que «c’est une très bonne chose que la Caf fasse des vérifications».
Par rapport à certaines remarques jugeant qu’il serait bien de faire les contrôles avant le début des compétitions, le dirigeant sénégalais estime cependant qu’il serait trop facile «de jeter la pierre à la Caf parce qu’elle a attendu le démarrage de la compétition». «Elle ne sait pas qui vient pour jouer. Elle n’a peut-être pas les moyens de le faire avant.» Pour celui qui occupe également le poste de président de la Ligue professionnelle de football, «la vraie question, c’est sur les joueurs exclus : combien passent entre les mailles du filet ?».
La responsabilité des dirigeants. Estimant le problème plus complexe, celui qui est considéré comme un militant acharné de la lutte contre la fraude sur l’âge trouve que «c’est au niveau des dirigeants et autres fédéraux qui tous veulent gagner la Can et aller en Coupe du monde en petite catégorie, que le travail doit être fait». Et ce dernier de se désoler de la situation actuelle : «Quand on voit nos compétitions africaines se dérouler, vous tous savez que ce ne sont pas des cadets et des juniors qui jouent. Alors, il faut qu’on arrête de faire comme si on ne savait pas. Cette omerta doit commencer chez nous et aller vers toute l’Afrique.» Au cas contraire, «cela va empêcher les équipes africaines de bien figurer au plan mondial au niveau des seniors».
«Il n’est pas normal que la Côte d’Ivoire reste dans la compétition». Au début de la Can U17, qui se joue présentement au Maroc, la Caf a annoncé qu’au total 9 joueurs avaient été exclus de leur sélection pour fraude sur l’âge. Après avoir passé une Irm, les tricheurs ont été confondus et contraints de plier bagages. Il s’agit de trois Congolais, trois Ivoiriens et trois Nigérians. D’ailleurs, un des joueurs ivoiriens faisait partie de l’équipe qui a éliminé le Sénégal lors du dernier tour. Ce que le patron de la Ligue Pro trouve «injustice et illogique pour le Sénégal. Mais également pour les autres pays qui ont vu certains de leurs joueurs renvoyés. Il n’est pas normal que cette équipe (la Côte d’Ivoire), dont trois joueurs sont concernés, reste dans la compétition, alors que le Sénégal est à la maison».

 

Lequotidien