PARTAGER
Ibrahima Touré

Auteur d’une première partie de saison flamboyante (16 buts), Ibrahima Touré semblait parti pour tout casser. Mais depuis décembre, le Sénégalais n’a plus marqué. Pire, sa place de titulaire est remise en cause. Surnommé le « Zlatan de la L2 » grâce à ses stats, le Monégasque fait le coup de la panne. Alors ce Touré, feu de paille ou vrai bon joueur ?

Ibrahima Touré n’est peut-être finalement pas celui qu’on croit. Si son passeport indique la nationalité sénégalaise, l’attaquant de l’AS Monaco pourrait en fait être un Maya. En tout cas, il semble en respecter scrupuleusement le calendrier. Car depuis la fin décembre, c’est la fin du monde pour lui. Un trou noir dont il n’arrive pas à sortir et qui pose des questions sur le véritable niveau du joueur frisson de la première partie de saison en Ligue 2. Depuis un doublé au Mans (3-2, 19e journée), le grand échalas n’a pas marqué. Une éternité pour un joueur qui a tout de même inscrit 16 buts en championnat depuis le début de saison.

Un peu grâce à son grand gabarit (1,88m, 78kg), beaucoup grâce à ses stats de dingue (9 buts lors des 8 premières journées), Touré n’a pas échappé à la comparaison avec Zlatan Ibrahimovic en début de saison. Sauf que le Suédois du PSG, lui, n’a pas faibli après Noël. Avec 26 buts, soit un pion toutes les 94 minutes en moyenne, Ibra règne sur le classement des buteurs. Ce qui n’est plus le cas de Touré (un but toutes les 140 minutes), devancé par l’Angevin Claudiu Keserü. «Forcément, je suis agacé de cette situation, avoue-t-il sur le site de son club. Mais comme je l’ai toujours dit, je ne suis pas du genre à douter. Dans une saison, il y a toujours des moments plus difficiles que d’autres. On peut baisser les bras ou se battre, j’ai choisi la deuxième solution. »

Langue de bois et Abraham Guié Guié

Pire, le Sénégalais perd doucement mais sûrement sa place de titulaire, au profit d’Emmanuel Rivière, débarqué de Toulouse en janvier et qui forme un duo efficace avec Valère Germain. « Je le vis bien car le haut niveau sans concurrence, cela n’existe pas. Tout le monde à son rôle à jouer et chaque joueur est important pour le collectif. Cela nous permet de progresser et surtout de faire progresser l’équipe », déclare Touré, bien langue de bois. « Je pense que ça va revenir pour lui, il nous a quand même montré qu’il était assez bon. Mais il y a de la concurrence et ce n’est pas évident. Il peut être meilleur que Rivière. Ils ont deux profils différents. Le problème de Touré, c’est que par moments, il n’est plus trop là », juge Fabien Cojan, responsable de l’association de supporters Munegu 28.

Depuis son arrivée à Monaco en janvier 2012, Touré connait sa première longue traversée du désert. Si certains, comme Régis Brouard, voient « un joueur au-dessus des autres », impossible de ne pas penser à la théorie du surrégime. Car la Ligue 2 en a fait sa spécialité. Exemple le plus récent et peut-être le plus frappant, celui d’Abraham Guié Guié. Auteur de 7 buts lors des 4 premières journées de championnat en 2010-2011 avec Tours, l’Ivoirien avait ensuite sérieusement ralenti, inscrivant 6 buts lors du reste de la saison. Sa saison à Nice (21 matchs, 1 but) confirma ensuite que la marche vers la Ligue 1 était trop haute.

La Ligue 1 sans lui ?

Lorsque l’on n’est même plus titulaire en L2, comment envisager l’avenir avec les Rouge et Blanc en L1, alors que le prochain mercato s’annonce riche en stars sur le Rocher ? Courtisé cet hiver par le Shakhtar Donetsk, Touré était resté. Pas sûr que la fin du film soit la même cet été… «Maintenant, ça ne dépend plus trop de lui mais du président (Dmitry Rybolovlev, ndlr), souligne Fabien Cojan. Est-ce qu’il va vouloir le garder avec toutes les recrues qu’il peut avoir ? Ce n’est pas évident. Je pense qu’il peut garder sa place pour la première saison en L1, après si on se qualifie pour l’Europe, il faudra éventuellement changer. Il a le niveau pour la L1. »

Après des expériences en Chine, au Maroc, en Iran, aux Emirats Arabes Unis et donc en France, le natif de Dakar pourrait donc bien découvrir un sixième championnat, puisque des clubs qataris, espagnols et portugais (dont Benfica) sont sur les rangs. En attendant, Touré ne désespère pas de finir la saison comme il l’a commencée. « Mon objectif ne change pas : être champion et meilleur buteur de Ligue 2 », lance-t-il. Mais pas sûr que les Mayas en aient décidé ainsi…

 

 

Sofoot