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Meilleur joueur et meilleur buteur du championnat danois (25 réalisations) avec le FC Copenhague en 2011, l’international sénégalais, Dame Ndoye évolue depuis l’année dernière en Russie avec la Lokomotiv Moscou. L’ancien attaquant de la Jeanne d’Arc de Dakar est aussi un des «cadres» de l’équipe nationale qu’il a intégrée depuis 2010. Dans l’entretien qu’il a accordé à Sud Quotidien, à l’hôtel Riviera de Conakry, le frère de Ousmane Ndoye (ancien international) récuse le caractère «timide» qu’on lui colle et soutient que son rôle n’est pas de s’épancher dans les colonnes des journaux ou sur les ondes des radios, mais plutôt d’affoler les statistiques. Il salue cependant la concurrence au niveau de l’attaque des «Lions» et considère que son frère Ousmane a été « le meilleur » joueur de sa génération.
«Concurrence en attaque»

«C’est un plaisir pour un attaquant d’évoluer dans une sélection comme celle du Sénégal où il y a plusieurs bons attaquants. Ça fait avancer. L’essentiel, c’est que la concurrence reste saine. C’est tout ! Tout le monde peut jouer. Il peut aussi y avoir des blessés. Certains peuvent ressentir de la fatigue et laisser la place aux autres etc. Je crois que chaque entraîneur rêve d’avoir sur son banc des attaquants qui savent faire la différence.

«La sélection nationale est une famille»

Je réfute souvent le mot «cadre». Ce sont les journalistes qui nous qualifient ainsi. Mais, je vois la sélection du Sénégal actuellement comme une famille. Maintenant, il peut arriver qu’on protège un jeune qui vient d’arriver. Comme, on dit : “on l’initie au rituel“ (rires). Mais dans le fond, le Sénégal dispose d’une sélection ouverte où tout le monde peut donner son avis. Comme je l’ai dit tantôt, c’est une famille et dans une famille, chacun doit avoir son mot à dire.
«Je ne suis pas timide»
Je suis toujours resté la même personne. Je n’ai pas changé. Ce qui est sûr, c’est que je ne parle pas beaucoup. Ce n’est pas de la timidité. La seule chose qui m’intéresse, c’est le terrain. Je me donne à fond sur la pelouse. Le reste ne m’intéresse pas, ce sont des détails comme le fait de ne pas parler dans les médias. Le plus important quand on est joueur de football se trouve sur le terrain. Un joueur de football, on ne le reconnait pas dans les journaux, mais plutôt sur un terrain de football.

«Refuser  l’exploitation»

Je suis un Sénégalais, un africain et j’en suis plutôt fier. En vérité, nous joueurs africains qui jouons en Europe, avons beaucoup de problèmes. Avec mes performances et mon niveau, un blanc évoluerait dans un grand club en Europe. Nous avons tous ce handicap. Mais, ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est de rester digne. Vous me direz qu’il y a des joueurs africains qui évoluent dans de grands clubs. Certes ! Mais ce n’est pas comparable. Ces joueurs là, n’ont pas le même itinéraire que nous. Ils sont passés par des centres de formation. Ce n’est pas la même chose. Je parle des jeunes joueurs qui débarquent en Europe sans passer par des centres de formation. Pour la plupart, on leur propose des contrats qui n’en valent pas la peine. Souvent, on ne les paie même pas. Dans ces conditions, je choisis là où je me sens le mieux. Je ne suis pas parti dans de grands clubs parce que les propositions ne sont pas alléchantes par rapport à mes capacités et à mon talent.

«Pas de différence entre les sélections»

J’ai connu plusieurs générations dans la sélection nationale. Mais très honnêtement, je ne vois pas de différence. Ce ne sont que les coaches qui changent. Tout se passe bien entre nous les joueurs. Il y a une bonne entente. Qu’on gagne ou qu’on perde, je n’ai pas vu de différence entre les générations. C’est la même équipe, le même état d’esprit.

«Bata, difficile à oublier»

La coupe d’Afrique 2012, c’est une compétition que nous ne pouvons pas oublier. Vouloir coûte que coûte l’effacer, ce serait difficile parce que c’était trop dur à accepter. Toutefois, il faut quand même essayer de dépasser ce cap et la seule façon d’y arriver, c’est d’aller plus loin et de démontrer à tout le monde que c’était une mauvaise passe. Actuellement, nous avons un bon groupe et de bons joueurs. Ce qui reste à faire, c’est de donner du temps aux entraîneurs et aux joueurs tout en formant un groupe solide qui aura la capacité, les moyens et le mental de faire mieux. Mais, une chose est sûre : ce n’est pas en remettant le compteur à zéro à chaque contre-performance, que nous allons gagner quelque chose.

«Ousmane Ndoye, meilleur joueur de tout le temps»

Ousmane (son frère) va bien. Alhamdoulillah ! Il est en Roumanie (Il évolue au FC Vaslui, Ndlr). Beaucoup de gens ont pensé que nous allions évoluer ensemble en sélection, mais Dieu en a décidé autrement. Peut-être qu’on ne devait pas jouer ensemble. C’est le destin ! La vérité, c’est qu’il est plus fort que moi. Il joue mieux que moi au football. Il a toujours été mon idole et il le restera. Pour moi, c’est lui le meilleur, de tout temps d’ailleurs. Même vous les journalistes, vous le savez. Vous savez que c’est le meilleur joueur sénégalais de sa génération. Vous avez peur de le dire, mais c’est la vérité (éclats de rires)».

 

Sudonline